Discographie

Long Story Short

J.S. Bach on Modern Harpsichord

« Une musique lumineuse dans laquelle la claveciniste tire parti de la sonorité généreuse et de l’étagement des plans sonores permis par son instrument. Générosité qui appartient tout autant à la Chaconne de la Partita pour violon BWV 1004 menée avec une vitalité et des contrastes qui rendent impatient de découvrir le disque Bach de Ninon Hannecart-Ségal attendu chez Alpha Classics »

— Alain Cochard, Concert classic

Note d'intention

LONG STORY SHORT C'EST UNE MANIÈRE DE RÉSUMER en quelques mots une histoire qui pourrait nous prendre une éternité à raconter, c’est l’envie de synthétiser quelque chose de très grand, qui nous dépasse, c’est une invitation à émettre des hypothèses, à développer un imaginaire autours de quelque chose de très concret et de palpable. « Long Story Short, je joue du Bach sur clavecin moderne » ; j’ouvre ainsi de vieilles pages cornées des expositions universelles parisiennes, je ressuscite les amoureux du clavecin du début du siècle dernier, je rends hommage à ces petites mains vives et visionnaires d’entant, mais j’ouvre aussi, je l’espère, une porte vers la liberté d’expression musicale.

Mon ambition dans la vie est plutôt simple avec LONG STORY SHORT : faire ce que je veux.

C’est un caprice sucré que les interprètes d’aujourd’hui peuvent s’offrir en s’inspirant des esprits révolutionnaires derrière nous, des démarches marginales de certains interprètes mais aussi des traités historiques, des démarches historiquement informées, du savoir faire magique des spécialistes.

Long Story Short ce n’est pas mieux, ce n’est pas contradictoire ou irrespectueux, c’est juste différent. Je pourrais essayer de m’inventer l’ambition de marcher dans les pas de Wanda Landowska, Sylvia Marlowe, Zuzana Ruzickova et je vais m’arrêter là pour ne pas donner l’impression d’oublier de grandes dames, mais Long Story Short ne s’inscrit pas dans leur démarche qui était très humblement à l’époque de rejouer Jean Sébastien Bach et le reste de l’aire baroque sur les « bons instruments » remis au gout du jour avec ce 16 pieds et ce jeu nasal supérieur et de créer de la musique nouvelle pour cet instrument renouvelé. On entre tout de suite dans des termes un peu technique mais on pourrait juste dire que le son de ces enregistrements et de cette facture dite « moderne » transpire l’après-guerre. L’après guerre rime aussi avec un répertoire particulier et des esthétiques variées parfois violentes. Le renouveau du clavecin est ainsi de paire avec ces nouveaux langages, flirtant avec Poulenc, en passant par Ohana, Dutilleux, Carter, Xenakis jusqu’à nos jours, proposant une interface à priori limitée de part son manque de dynamique et sa fragilité mais pourvu, à en croire l’engouement que lui vouent certains composteurs, d’une forte personnalité et d’un mystère qui reste continuellement à être percé.

Programme

Long Story Short c’es un cocktail de tubes, de pièces que j’aime plus les unes que les autres et qui ne sont ni complémentaires, ni reliées chronologiquement. Je les ai choisies dans le simple but de m’amuser à réveiller les sonorités de mon instrument et je dois l’avouer, réaliser le rêve de jouer certaines oeuvres :

  • Toccata en ré mineur BWV 565
    Arr. personnel
  • Suite inachevée en fa mineur - Prélude, Sarabande et Gigue BWV 823
  • Petit Prélude en Do mineur BWV 999
  • Chaconne BWV 1004 arr. Gustav Leonhardt
  • Allemande de la suite Française en mi bémol majeur BWV815
  • Sarabande de la suite en ré Majeur pour violoncelle BWV 1012
  • Herz und Mund und Tate und Leben BWV 147
    Arr. personnel
  • Wachet auf, ruft uns die Stimme (Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140)
    Arr. personnel
  • Chorale Ich Ruf zu dir mein Leben BWV 117
  • Wenn wir in höchsten nöten sein BWV 641
    Arr. personnel
  • Allemande en la pour flûte arr. Gustav Leonhardt BWV 1013

On peut noter une utilisation répétée et presque excessive du jeu de luth, du 16 pieds et des combinaisons vieillotte : je ne m’en excuse absolument pas. C’est une grande joie de pouvoir profiter de tout ce qui est bon et de ce que j’aime le plus dans cette facture, à outrance et sans modération car ceci ne tue pas et n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Bach lui même ne jouait que très rarement sur clavecin. On sait de son fils qu’il jouait le claveciluth, plus que le clavicorde ou le clavecin et seulement deux de ses oeuvres sont écrite pour le clavecin. L’oeuvre de Bach pour clavier a été composée pour clavier, c’est pour cette raison que ce répertoire sonne si bien au marimba ou à l’accordéon.

Long Story Short est une ode à la liberté, un hommage à ces clavecins du début du 20e siècle, enfants des expositions universelles de Paris, une façon de remercier les petites mains vives et visionnaires de ces grandes dames du renouveau du clavecin.

C’est un cri d’amour pour notre 21e siècle, auquel je suis fière d’appartenir, que j’aime et en lequel je n’aurai cesse de croire — je l’espère.

Ninon Hannecart-Ségal

Farewell

Un monde parallèle tisser entre un piano fatigué et un clavecin enragé

UNE VAGUE TUMULTUEUSE nous écrase de nostalgie et nous porte vers l’horizon, chargé d’espoir.

Contact

Crédits

Vidéos : Loïc Gayot
Photos : Sarah Ségal
Design & dev : alexia & ferdinand